Wonderwoman

Après un début d’année rude, il faut commencer les vacances molo. Rien de tel qu’un bon ciné en allant voir un nanar américain. Je vous conseille Wonderwoman une combinaison extraordinaire de syncrétisme et de crétinisme culturel. Wonderwoman est à l’origine une amazone. La mythologie grecque s’invite à la table des super-héros. Bien entendu, elle combat le mal pour sauver l’humanité et ici le « bad guy » n’est pas n’importe qui : il s’agit d’Ares le redoutable Dieu de la guerre.

Le film commence donc sur l’île idyllique des amazones qui s’entraînent valeureusement au combat en préparation du futur « come-back » d’Ares qui inévitablement arrivera. On trouve là tous les clichés sur l’île grecque paradisiaque où la jeune future Wonderwoman est initiée au combat au départ … contre la volonté de sa mère qui aurait voulu la protéger. Mais comme dirait Dark Vador « on n’échappe pas à son destin ». La jeune fille grandit et devient, je vous laisse deviner, forte et belle. Je dirai même très forte et très belle, voire hyper balaise et méga-canon. Jusque là, nous sommes dans le Hollywood bas de gamme mais classique. Je reviendrai quand même après sur la tenue vestimentaire de la Dame.

C’est alors que se produit le tournant du film et qu’il commence à prendre sa véritable dimension. Sur la plage de l’île des amazones surgit brusquement un espion américain de l’époque de la guerre de 1914-1918 poursuivi par de méchants soldats allemands. Wonderwoman vient à sa rescousse. Il s’ensuit une scène de combat entre les amazones à cheval et arc bandé face aux mitrailleuses allemandes. Les amazones l’emportent mais leur meilleure guerrière périt sous le feu ennemi. Wonderwoman décide alors de quitter son île pour rejoindre la ligne de front et les tranchées afin de terrasser Ares.

Nous voilà à Londres en 1918. Je vous passe les scènes jouant sur l’anachronisme entre le Londres conservateur de cette époque et les réactions de cette jeune amazone à la fois naïve et dévergondée. C’est amusant mais guère novateur. Après quelques péripéties, nous retrouvons Wonderwoman dans les tranchées pour la scène d’anthologie du film. Elle jaillit hors de la tranchée sous le feu des allemands. Ses compagnons la croient folle mais c’est mal connaître Wonderwoman. Son armure sexy et ses protège-poignets arrêtent les balles. Elle court dans le no mans land sabre au clair, bouclier droit devant. Elle arrive à elle-seule à percer le front. Elle arrête un sniper en sautant jusqu’au clocher d’une église. Elle ventile, elle disperse façon puzzle mais elle reste tellement belle. Elle est Wonderwoman

Il convient de s’arrêter quelques instants sur sa tenue qui est au cœur du mythe. La plus belle invention c’est  cette magnifique armure avec sa combinaison bustier cuissarde. Je comprends aisément pourquoi les pauvres soldats allemands prisonniers des tranchées depuis des mois ratent systématiquement leur cible. Il est à noter que Wonderwoman s’est mondialisée. Celle de la série de mon enfance faisait      elle dans le patriotisme sexy avec bas star et haut stripe, avec un côté disco délicieusement kitsch.

Je sors de la salle de cinéma après ce divertissement peu mobilisateur de cerveau. Je vais faire un tour sur allocine en quête de bons mots de critiques. Je découvre alors avec surprise des critiques dithyrambiques. Quelques extraits savoureux comme celle du critique du Parisien :  « Renouvelant complètement le genre, « Wonder Woman » se démarque de tous les films de superhéros vus jusqu’à maintenant. D’abord parce que c’est une femme, et quelle femme ! En embauchant l’Israélienne Gal Gadot, la réalisatrice n’a pas fait que le pari d’un visage atypique et d’un corps de mannequin, son ancien métier. » Lui aussi a eu le cœur chaviré par la belle.

« Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme,
Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l’on peut pour cela te comparer au vin. » Baudelaire

Certains parlent même d’un film féministe militant. C’est vrai que pour les barbus cette actrice israélienne guerrière et sexy est un condensé du mal. Le film a d’ailleurs été interdit dans la plupart des pays arabes. Cela m’interpelle : le simple fait d’avoir une superhéroïne serait déjà un acte militant. Si c’est le cas, la route est encore longue…

Dernière minute, scandale, Emmanuel Macron reçoit la « Wonderwoman » noire Rihanna à l’Elysée pour parler d’éducation en Afrique. Déferlement de commentaires misogynes immédiat sur Twitter comme celui du grand intellectuel Aymeric Caron : « M. le Président, je ne sais pas chanter en me tortillant mais pourriez-vous me recevoir pour parler des droits des animaux ». J’avais peut-être tort. WW est sans doute un vrai film engagé.

2 réflexions sur “Wonderwoman

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s