Les runners : la tribu des runneuses

J’ai fait un rapide sondage au parc Monceau et je me suis rendu compte avec surprise que la moitié des coureurs étaient des femmes. Pourtant le marathon fut longtemps interdit aux femmes. L’Homo Macho dans sa grande sagesse avait jugé que ces frêles créatures étaient bien incapables de parcourir les fameux 42 km. Elles avaient bien mieux à faire dans leur foyer. Il fallait les protéger contre elles-mêmes. Hallucinant, c’est de haute lutte qu’elles gagnèrent le droit de participer pour la première fois à un marathon à Boston… bien après le droit de vote en 1969 année érotique et donc aussi sportive. Certaines avaient en effet pris l’insolente habitude de se glisser clandestinement dans les courses déguisées en homme. Lors du marathon de Boston en 1967, un officiel zélé découvrit que la dénommée Kathy Switzer était dépourvue de testicules. Outré, il lui signifia son expulsion immédiate du peloton. Mais c’était sans compter sur le fiancé de l’intruse qui la défendit à grands coups d’épaule applaudi par le peloton. La voie était désormais ouverte. 

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http://www.amicourse.com/wp-content/uploads/2010/01/retro_-marathoniennes.pdf

Le marathon féminin devint une épreuve olympique en 1984 et il semblerait aujourd’hui complètement fou de leur interdire cette pratique (mis à part sans doute aux défenseurs d’obscures religions). Mais aujourd’hui la folie du running est largement féminine. Le nombre de pratiquantes augmente chaque année. Les girls run réservées aux femmes comme la Parisienne ou le Nike Women’s Paris se sont développées dans toute la France. Ironie de l’histoire : c’est déguisé en fille que des hommes courent la Parisienne (heureusement pas vraiment clandestinement). J’ai même découvert l’existence du magazine « Running pour elles ». Et cet engouement ne semble pas prêt de s’arrêter. 

Je crois que personne ne l’avait vraiment anticipé mais a posteriori cette passion running féminine n’est pas si surprenante. Je rentre là dans le terrain glissant des stéréotypes mais voyez-y plutôt un plaidoyer féministe. Les femmes (en tout cas la mienne) sont souvent plus endurantes et dures au mal que nous. Ce long effort leur va si bien. Elles arrivent à dompter avec talent la lente et méthodique progression du coureur vers la performance quand nous préférons un effort plus brutal. J’aime regarder l’élégance des femmes qui courent. Souvenez-vous d’ailleurs de cette fameuse phrase de Chandler dans Friends « Run Yasmine, run Yasmine, run »

En tout cas, elles ont transformé ce sport en profondeur en façonnant notamment ces grandes kermesses urbaines que sont devenues les grandes courses. Color Run, Bubble Day, Paris-Versailles, Mud Day, ces manifestations rassemblent des milliers de personnes et façonnent la vie urbaine. Je vous propose d’y faire une rapide plongée.

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