Vente de la collection Rockefeller ou la philanthropie à l’américaine

Rockefeller Center New York siège de Christie’s : la vente du siècle est terminée. Les 1600 pièces de la collection d’art de David et Peggy Rockefeller ont finalement été adjugées pour un total de 832 millions de dollars. Vendre sa collection à domicile, ultime privilège post mortem pour ce petit fils de John D. Rockefeller!!! Cette collection exceptionnelle reflète le destin hors du commun de David, le dernier grand Rockefeller : milliardaire New Yorkais, puissant banquier, conseiller de l’ombre des présidents américains successifs mais aussi collectionneur passionné et grand philanthrope dans la tradition familiale . Cette vente sera son dernier acte de philanthropie, une philanthropie à l’américaine.

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COLLECTIONROCKEFELLER : LA VENTE DU SIÈCLE

Je suis déçu!!! Il n’y aura pas à New York de David & Peggy Rockefeller Collection. Les milliardaires collectionneurs américains nous ont pourtant habitué à nous laisser des lieux culturels extraordinaires.  Je l’aurais pourtant bien imaginé au cœur de Manhattan  à l’image de la délicieuse Frick Collection ou de la Pierpont Morgan Library.

Mais David Rockefeller et ses héritiers en ont décidé autrement donnant lieu à la vente aux enchères de tous les records : résultat 115 millions pour la Fillette à la corbeille fleurie de Picasso,  81 millions l’Odalisque couchée aux magnolias de Matisse et 85 millions pour le grand Nymphéas en fleur de Monet…. soit au total 832 millions de dollars... (au passage pourquoi un Picasso vaut-il plus qu’un Monet? Quantifier la beauté est un des paradoxes de l’économie de marché).

Dédier un lieu à cette collection Rockefeller n’était pas si évident. Monet, Picasso, Matisse des merveilles mais « très XXème siècle »!!! Pas de Bacon, de Basquiat, de Warhol… On n’ouvre pas une nouvelle fondation Barnes en 2018. Une collection reflète la passion artistique d’un homme dans son époque. David Rockefeller est bien un milliardaire de la Côte Est du siècle dernier, pas un entrepreneur de la Silicon Valley. Sa collection est à son image plus traditionnelle, magnifiquement démodée. 

L’omni-présence de la peinture française a d’ailleurs quelque chose d’émouvant pour nous. Elle traduit le lien spécifique de la famille Rockefeller avec notre pays. Ils ont notamment contribué très largement au financement après la guerre d’importants travaux de remise en état des châteaux de Versailles, de Fontainebleau ou encore de la cathédrale de Reims. David Rockefeller avait lui combattu en Afrique du Nord et en France et avait à ce titre reçu la Légion d’Honneur en 1945. 

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LA PHILANTHROPIE DANS LES GÈNES DE LA FAMILLE ROCKEFELLER

Les impôts sur la succession ont aussi eu leur mot à dire. La collection de peinture de l’homme d’affaires fut sans doute son meilleur business. Il avait revendu en 2007 un Rothko pour 73 millions de dollars acheté 10.000 dollars cinquante ans plus tôt. Les plus-values sur sa collection rendaient donc irréaliste un maintien dans la famille. Il fallait donc en faire don.

David Rockefeller avec son épouse Peggy décida que « in the long run, most organizations needed his money, not this art ». Le produit de la vente sera ainsi reversé à une douzaine d’institutions aussi diverses que l’université de Harvard, le Stone Barns Center for Food and Agriculture pour l’agriculture raisonnée ou encore le MoMA (Museum of Modern art de NY) que ses parents avaient contribué à fonder. 

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Cette décision s’inscrit dans la longue tradition philantropique de la famille Rockefeller, une philanthropie à l’américaine, influencée par la religion. En 1890, John D Rockefeller l’homme le plus riche du monde rencontre le pasteur baptiste Frederick Gates. Celui-ci devient son conseiller spirituel et personnel. Ensemble ils vont créer une galaxie d’organisations philanthropiques dont la plus connue est la Rockefeller Fondation née en 1913 dont l’objet est tout simplement de pour « promouvoir le bien-être de l’humanité dans le monde ». 

Elle oeuvre dans le monde entier et possède aujourd’hui un patrimoine estimé à près de 5 milliards de dollars. Elle aidera notamment à l’éradication de la tuberculose en France après la guerre de 1914-18 et plus récemment aux financements de travaux de recherche sur la malaria et la fièvre jaune. David Rockefeller aura lui donné plus de 2 milliards de dollars à ses œuvres philanthropiques tout au long de sa vie.  

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ROCKEFELLER PHILANTHROPIE SINCÈRE ET RÉSEAU D’INFLUENCE 

On ne peut être qu’admiratif devant l’authentique générosité de cette lignée de milliardaire au service de valeurs universelles. Et pourtant la réputation de la famille Rockefeller demeure sulfureuse. John D Rockefeller le « robber baron » fut accusé de chercher à redorer par la philanthropie l’image de sa compagnie la Standard Oil accusée de faire des profits illicites par des méthodes musclées et un abus de sa position monopolistique dans le raffinage et la distribution de pétrole.

Quant à David Rockefeller, il fut conseiller de tous les présidents américains des années 60-70 Kennedy, Nixon, Carter, Reagan mais choisit de rester délibérément dans l’ombre refusant tout rôle officiel ce qui alimente tous les fantasmes. Co-fondateur de la conférence de Bilderberg, il est pour les tenants de la théorie du complot l’incarnation de cette oligarchie économique « visant à instaurer un gouvernement mondial au détriment des souverainetés nationales ». J’ai été surpris en faisant des recherches sur Internet de l’omni-présence et de la violence de thèses complotistes parfois démentes associées à David Rockefeller. 

On a tort de douter de la sincérité philanthropique des Rockefeller. Cette solidarité privée sincère est une des caractéristiques de la société américaine. Elle est faite de bonne foi au sens propre comme figuré. Je l’ai constaté quand j’y habitais. Il est en revanche indéniable que cette philanthropie fut une des composantes du vaste réseau d’influence de David Rockefeller comme de sa famille. Pourquoi opposer générosité et business? Dans la philanthropie à l’américaine inventée par les Rockefeller, les deux sont inextricablement imbriquées. Si on peut joindre l’utile à l’agréable….

Les fondations philanthropiques privées représentent aujourd’hui 10% de l’économie et des emplois aux Etats Unis. Bill Gates en 2006 indiquait son souhait de léguer 95% de sa fortune à sa fondation. Les autres milliardaires des GAFA lui ont emboîté le pas s’inscrivant dans la continuité de John ou David Rockefeller. Pas si démodés que ça les vieux milliardaires from the Big Apple. 

Aller à Limoges par autoroute ou par Hyperloop

L’été dernier, je vous parlais de notre passage par Bourges et sa magnifique cathédrale mais aussi de sa difficulté à trouver sa place dans la France de la mondialisation. Limoges 200 kilomètres plus au sud, ses 130.000 habitants et son patrimoine historique, c’est Bourges en plus grand mais encore plus enclavé. Le TGV n’a pas décidé de s’y arrêter et rejoindre les villes voisines de Poitiers ou Bordeaux en voiture reste un parcours du combattant. Limoges semblait condamnée à  rester à l’écart des grands axes. A ma grande surprise, deux projets innovants annoncés simultanément visent à désenclaver la ville : une autoroute financée par les entrepreneurs locaux et un projet fou d’Hyperloop Paris-Limoges

LIMOGES POITIERS EN AUTOROUTE

Limoges Poitiers 120km / 2h30 : la vieille RN 147 vous achemine entre les deux villes majoritairement sur 2×1 voies semées de poids lourds. Elle est particulièrement accidentogène. Le projet de train à grande vitesse a été abandonné. Pas rentable! Le projet d’autoroute a été enterré par l’Etat. Trop cher! Reste un hypothétique projet pour transformer la RN147 en 2×2 voies par petit tronçon… qui devrait durer 20 ans. Les limougeauds ne sont pas prêts d’aller facilement à Poitiers et au delà dans tout l’Ouest de la France. La France de l’intérieur souffre.

Mais les entrepreneurs locaux ne sont pas résignés. 1400 chefs d’entreprise fédérés par la MEDEF local se sont mobilisés et affirment pouvoir financer sur fonds privés 60% d’une future autoroute Limoges Poitiers. Déjà les oppositions sont fortes. Le Conseil Général s’oppose à cette initiative :  » cette solution miracle ferait payer aux haut-viennois deux fois, par le biais de l’impôt puis une seconde fois au péage ». Les classiques freins aux projets autoroutiers se font entendre. Bref le projet est loin d’être réalisé et donnera lieu à des batailles locales dont nous Gaulois avons le secret. Je suis bien incapable de juger de la pertinence de l’initiative mais je trouve intéressant que face à la résignation de l’état, les acteurs privés locaux se mobilisent. Bonne idée, chimère ou utopie, l’avenir le dira.

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LIMOGES PARIS EN HYPERLOOP

En parlant d’utopie, un autre projet agite ces derniers jours le Limousin : le développement d’un Hyperloop qui permettrait de relier Paris à Limoges en 20 minutes. Hyperloop est une utopie technologique imaginée par Elon Musk. Il s’agit d’un nouveau type de moyen de transport : des capsules sur un coussin d’air se déplacent à très grande vitesse à l’intérieur d’un tube à plus de 1000 km/ heure. Hyperloop est la version futuriste des trains à sustentation magnétique.

Comme à son habitude Elon Musk a lancé le projet en 2013 à grand renfort de communication. Il y a ajouté une vraie originalité : le développement technologique en mode open source collaboratif suivant le même principe que les logiciels libres comme Linux, ne déposant aucun brevet. Et la mayonnaise prend. 24 équipes du monde entier ont participé au Hyperloop pod competition, une compétition de prototypes Hyperloop. Le vainqueur WARR Hyperloop a atteint la vitesse de 323 km/heure encore éloignée de la cible.

Les projets d’Hyperloop fleurissent dans le monde entier mené principalement par 4 start-ups nord-américaines : SpaceX Hyperloop, VirginHyperloop One, Hyperloop Transportation Technologies et Transpod. A noter le duel de visionnaires entre Elon Musk et Richard Branson. C’est sans surprise dans la nouvelle Babel à Dubaï  qu’est prévue la première réalisation concrète (12 minutes de trajet pour effectuer les 140km séparant Dubaï d’Abu Dhabi) pour l’exposition universelle de 2020. 

La France pays du TGV ne pouvait rester à l’écart de ce mouvement. C’est justement à Limoges que la société canadienne Transpod présidée par un français Sébastien Gendron envisage d’installer sa piste d’essai de 3 km de long et son centre de recherche Européen. Montant de l’investissement 20 millions d’Euros mais dont 10 millions à apporter par les collectivités locales. Un adjoint au maire de Limoges et plusieurs notables locaux se sont pris de passion pour le projet et ont créé une association de soutien Hyperloop Limoges. Le conseil départemental de la Haute Vienne semble avoir fait le pari d’accompagner le projet fournissant un terrain sur l’ancienne voix ferrée de Droux et en contribuant au financement.

Une course contre la montre mondiale est lancée. Le chantier devrait commencer cet automne pour un centre opérationnel en 2019.La compétition est rude. En France, Hyperloop TT mène un projet concurrent à Toulouse. Une compétition mondiale pour une utopie : le business model est fragile comme de la porcelaine. Un atout pour Limoges!!!!

L’Atelier des lumières : magnifique lieu de culture populaire signé Culturespaces

Un nouveau lieu culturel à Paris fait le buzz : l’Atelier des lumières. Télérama, le Monde, Le Parisien, Libération…. , toute la presse en parle. Je m’y suis donc précipité avec femme et enfants. Dans une ancienne fonderie rénovée, 140 vidéoprojecteurs transforment murs et sols en 3300m2 d’écrans. Ils vous font plonger dans les univers colorés de Klimt et Hundertwasser pour une expérience immersive en sons et lumières. Le résultat est spectaculaire. Il est signé Culturespaces une société privée qui anime déjà avec succès une quinzaine d’endroits culturels prestigieux dont le musée Jacquemart André. Plongeons ensemble dans ce bel exemple culture populaire s’appuyant sur les technologies numériques.

L’ATELIER DES LUMIÈRES, COUSIN GERMAIN NUMÉRIQUE DE JACQUEMART ANDRÉ

Le musée Jacquemart-André est un de mes musées parisiens préférés. Je garde un souvenir ému de ma première visite où l’audioguide (une innovation à l’époque) vous immerge dans la vie d’Edouard André et Nélie Jacquemart, riche couple de banquiers du 19ème siècle. Vous déambulez dans leur hôtel particulier à travers leur exceptionnelle collection de tableaux, sculptures et tapisseries…. comme si vous étiez invités à l’une de leurs luxueuses fêtes. En bon bourgeois parisien de l’époque Haussmannienne, vous terminez la visite par un délicieux moment gourmand dans le café du musée autour d’une pâtisserie dans un somptueux décor de boiseries et de peintures classiques.

L’Atelier des lumières est le cousin germain numérique de Jacquemart-André. On y retrouve la même volonté de faire vivre aux visiteurs une expérience culturelle immersive, un festival des sens, accessible à tous les publics de 7 à 77 ans. C’est sans doute la marque de fabrique de Culturespaces la société privée (appartenant au groupe Engie : 86% et à son fondateur le visionnaire Bruno Monnier) qui gère, outre Jacquemart-André et l’Atelier des lumières, des lieux culturels comme les Arènes de Nîmes ou le musée Maillol. 

Chez Culturespaces, on revendique fièrement d’attirer chaque année 3 millions de visiteurs soit autant que la RMN-Grand Palais : belle performance pour une société créée il y a à peine 30 ans. On sent que ce chiffre est important pour l’entreprise. Il est mis en avant dès la home page de son site Internet http://www.culturespaces.com comme une mesure d’audimat ou le nombre d’entrées pour un film. La première des valeurs de l’entreprise est d’ailleurs de « mettre le visiteur au coeur de sa démarche : Culturespaces a mis en place, dans tous les sites de son réseau, une politique d’excellence dans l’accueil des publics et la médiation culturelle ». On peut parler d’une authentique approche de culture populaire de masse et de qualité.

L’ATELIER DES LUMIÈRES, LA TECHNOLOGIE NUMÉRIQUE AU SERVICE DE LA CULTURE

On en prend plein les yeux (au sens premier du terme) quand on rentre dans la grande salle de 2000 m2 de l’Atelier des lumières. Tous les murs et sols ont été transformés en 3300m2 d’écrans géants sur une hauteur de 10 mètres sur lesquels sont projetés œuvres et décors de Klimt et Hundertwasser sur fond de musique classique. L’Atelier des lumières s’appuie sur le procédé technologique AMIEX® (Art & Music Immersive Experience) mis au point par Culturespaces.

Cette technologie permet de réaliser des expositions d’art immersives à partir de milliers d’images d’oeuvres d’art numérisées, diffusées en très haute résolution et mises en mouvement au rythme de la musique. Pour en voir toutes les potentialités, faites un tour sur la home du site AMIEX. Elle a été déployée pour la première fois dans les carrières des Baux de Provence. J’y vois une filiation directe version XXIème siècle avec les grands spectacles sons et lumières des pyramides et temples égyptiens.

L’ATELIER DES LUMIÈRES : EXPOSITION IMMERSIVE

Immersif c’est le mot clé de l’expérience de l’Atelier des lumières. Vous êtes littéralement dans l’exposition. Vous vous promenez dans les images qui sont projetées jusque sous vos pieds. Si vous y allez à un moment où il y a beaucoup d’enfants, observez les plus jeunes. Ils dansent, ils se collent aux murs pour jouer avec les images. Ils font autant le show que le show lui même comme le montre cette vidéo sur les spirales de Klimt . J’ai redécouvert Klimt et toute sa palette de couleurs grâce à l’Atelier des lumières. La mise en scène de Gianfranco Iannuzzi transcende véritablement l’œuvre du peintre viennois.

Bruno Monnier résume ainsi la philosophie de ses expositions immersives : « On ne se familiarise pas avec la culture aujourd’hui comme on se l’appropriait hier. La passivité n’est plus de mise, et je suis convaincu que, de plus en plus, on s’approprie l’art par l’expérience d’immersion et par les émotions qu’elle procure. Le mariage de l’art et du numérique est à mon avis l’avenir de la diffusion auprès des générations futures, capable de s’adresser à un public plus jeune et plus large que celui des musées classiques»

Culturespaces a d’ailleurs beaucoup d’ambition pour ses expositions immersives. Avec sa technologie AMIEX®, l’entreprise souhaite développer des lieux extraordinaires dans le monde entier. Des projets sont d’ores et déjà prévus aux États Unis et en Corée du Sud. A l’instar du Louvre à Abu Dhabi, le petit Poucet privé de la culture française part à la conquête de la mondialisation culturelle. Souhaitons lui beaucoup de succès. Nous en reparlerons.

Pourquoi les GAFA font tout pour ne pas payer d’impôts?

Les GAFA utilisent systématiquement les techniques sophistiquées d’optimisation fiscale pour payer le moins d’impôt possible. La commissaire européenne Margrethe Vestager a par exemple mis en évidence qu’Apple a bénéficié d’un taux d’imposition de 0.005% en Irlande en 2014. L’appât du gain et la recherche de la maximisation du profit n’expliquent pas eux-seuls cette attitude. Ce comportement est aussi la conséquence d’une posture idéologique des entreprises de la Silicon Valley influencées par la contre-culture des années 60 et le liberterianisme. Je vous invite à découvrir dans cet article pourquoi les GAFA ont ce rapport si particulier à l’impôt.

 

Photo : Dublin street art

Définition : l’optimisation fiscale est l’utilisation de failles du système fiscal ou d’options fiscales (régimes dérogatoires, utilisation de niches fiscales…) afin de réduire le montant de l’imposition tout en respectant les obligations fiscales de son pays. Elle est donc légale et en cela à distinguer de la fraude fiscale.

Optimisation fiscale chronologie récente

– 30 août 2016 : l’Union Européenne condamne Apple à payer 13 milliards d’Euros à l’état Irlandais considérant illégales une partie des aides fiscales accordées par Dublin
– 31 décembre 2017, l’état irlandais n’a toujours pas recouvré un Kopeck…. situation inédite où un état à qui on doit de l’argent se bat pour ne pas être payé.
– 18 janvier 2018 : suite à la réforme Trump d’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 20%, Apple annonce qu’il va payer
38 milliards de dollars d’impôts aux États Unis et ainsi rapatrier au pays son trésor de guerre de 250 milliards de Dollars
– 24 avril 2018 : Apple et l’état irlandais annoncent avoir trouvé un accord pour le versement des 13 milliards d’Euros

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ne sont pas seulement les leaders mondiaux de l’Internet, du numérique, de la data, nouveaux maîtres du monde, affichant une capitalisation boursière supérieure à 3000 milliards de dollars… Ce sont aussi des champions de l’optimisation fiscale. Les enjeux financiers sont colossaux comme vous avez pu le voir dans la chronologie ci-dessus.

Rassurez-vous, cet article ne sera pas un cours incompréhensible de techniques fiscales. Je suis bien incapable de vous détailler les subtilités du désormais célèbre double sandwich irlandais (un nom à la Audiard!!!) qui a permis à Apple de bénéficier d’un taux d’imposition de 0.005% en Irlande en 2014. J’ai plutôt cherché à comprendre ce qui « philosophiquement » a mené les GAFA à adopter cette approche vis-à-vis de la fiscalité.

« GREED IS GOOD »

Une grande partie de la réponse est la recherche logique par une entreprise privée du profit maximal, l’appât du gain. Le « make more money » est une composante essentielle du capitalisme et en particulier du capitalisme financier américain. « Greed is good » disait le personnage joué par Mickael Douglas dans Wall Street. Admirez au passage le jeu d’acteur fantastique!!!

La nature des activités des GAFA est ensuite un pousse au crime. Internet n’a pas de frontière et il est plus facile à Google de facturer en Irlande ses services publicitaires destinés au marché français qu’à mon boulanger ses baguettes. L’économie de l’Internet a mis en lumière l’obsolescence des règles fiscales traditionnelles face à cette économie du numérique. Il y avait des failles béantes. La tentation était trop forte pour ne pas s’y engouffrer. Les négociations entre Apple et le gouvernement américain pour le rapatriement aux États Unis du trésor de guerre de la firme à la pomme sont avant tout une histoire de gros sous : avec un taux de 35% hors de question, à 21% tout se discute.

Cette classique recherche du profit par une entreprise privée n’explique pas tout dans l’attitude des GAFA. Ces entreprises ont toutes pour ambition de rendre le monde meilleur par la technologie. Elles portent un projet pour la société qui va bien au-delà la maximisation du profit pour leurs actionnaires. Visiblement le financement des États par l’impôt ne rentre pas vraiment dans leur vision d’un monde meilleur.

Leurs fondateurs sont souvent philanthropes. Mark Zuckerberg va ainsi léguer 99 % de ses actions à sa fondation pour l’enfance. Optimisation fiscale et philanthropie, cette attitude nous semble à nous Français paradoxale. Les opposants aux GAFA la qualifieront même de cynique. Elle est au contraire profondément idéologique. Pour la comprendre, il convient de faire un détour par l’histoire de la Silicon Valley.

IDÉOLOGIE LIBERTARIENNE

La France pays jacobin et colbertiste a profondément ancré dans ses gênes le rôle d’un état stratège et organisateur de la société. Il s’en suit assez logiquement une certaine légitimité de l’impôt qui n’empêche pas chacun de pester sur son montant. C’est la phrase croustillante d’Arthur Godfrey scénariste américain : « Je suis fier de payer des impôts. La seule chose c’est que je pourrais être tout aussi fier avec seulement la moitié de cette somme »

Les entreprises de la Silicon Valley sont les descendantes de la contre-culture des années 60. San Francisco est à l’époque la capitale des mouvements hippies rejetant l’État et toute forme d’organisation hiérarchisée. Ces mouvements ont vu dans l’informatique personnelle (le fameux PC personal computer inventé en 1971) l’opportunité pour les individus de devenir plus puissants, plus libres. La Silicon Valley c’est aussi le mythe de la réussite de l’entrepreneur individuel qui a commencé seul dans son garage pour terminer multi-milliardaire à l’image de Steve Jobs. L’éco-système de la Silicon Valley est entièrement privé : entreprises privées, systèmes de financement des start-up privé et universités privées avec en particulier le rôle clé de stratège à long terme du système assuré par Stanford (université privée qui emploie pas moins de 20 prix Nobel).

L’individualisme et la réussite individuelle sont au cœur des valeurs des entrepreneurs de la Sillicon Valley. L’état n’a pas de place dans tout cela. Il serait même nuisible selon l’idéologie libertarienne dont la devise est : “Minimum government, maximum freedom. Les dirigeants des GAFA affichent pour la plupart une proximité avec le libertarianisme. Le journaliste Laurent Calixte dans son article très documenté (qui m’a fourni quelques exemples ci-dessous) passionnant mais angoissant et un peu trop complotiste selon moi développe même la thèse que les GAFA sont devenus les partis politiques les plus puissants de la planète… au service l’idéologie libertarienne

https://lab.davan.ac/google-amazon-facebook-sont-ils-des-partis-politiques-1fabf9aa395c

Il cite ainsi Larry Page co-fondateur de Google qui déclarait en 2013 : “je pense que le Gouvernement va disparaître sous son propre poids, bien que ceux qui y travaillent soient très qualifiés et bien intentionnés. Steve Jobs ne faisait pas mystère qu’ « Atlas Shrugged” ouvrage fondateur de l’idéologie libertarienne d’Ayn Rand était un de ses livres de prédilection.

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Je n’avais jamais entendu parler de ce livre peu connu en Europe et qui pourtant joue un rôle clé dans l’idéologie des GAFA. Paru dans les années 50, il a connu un immense succès aux États Unis où il s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires. Il décrit comment des entrepreneurs leaders et innovants lassés par la bureaucratie étatique et l’égalitarisme décident de se mettre en grève conduisant à la faillite du pays. Laurent Calixte cite à ce propos Travis Kalanick patron d’Uber : « Je suis tombé l’autre jour sur une statistique intéressante, à savoir que 50% de tous les impôts de la Californie sont payés par 141.000 personnes (et la Californie est un Etat qui compte 30 millions d’habitants). Je l’ai appris alors que je venais de terminer Atlas Shrugged. Si 141.000 personnes riches de Californie se mettaient en grève, c’en serait fini de la Californie… C’est l’une des raisons pour lesquelles on ne peut pas continuer à augmenter les impôts pour payer les programmes gouvernementaux incompréhensibles qui offrent des services de mauvaise qualité. »

Peter Thiel un des co-fondateurs de Paypal et Jeff Bezos patron d’Amazon sont carrément des militants libertariens. Peter Thiel a tout simplement déclaré « au 21ème siècle, le gouvernement est devenu un force réactionnaire qui ralentit le progrès « . Il a d’ailleurs soutenu à son origine le projet fou du Seasteading Institute de créer des villes flottantes dans les eaux internationales qui échapperaient ainsi à tout contrôle étatique. Cette utopie libertarienne mériterait à elle seule un article. J’y reviendrai peut-être.

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L’état n’aurait donc pas sa place dans le schéma des GAFA. Minimum government, maximum freedom”. Moins d’impôt, c’est moins d’argent pour les états et donc plus de liberté, une optimisation fiscale libératrice en quelque sorte. CQFD!!!

Pourtant les apparences sont trompeuses. Que serait Space X la start-up d’Elon Musk fabriquant des fusées sans les commandes de la NASA? De manière générale, la Silicon Valley ne serait rien sans le soutien de l’Etat américain et notamment du Pentagone. Les commandes de l’Etat fédéral représentent structurellement 50% du budget de Stanford sous forme de sponsored research. Les créatures auraient-elles échappé à leur maître? Pas si simple. Tim Cook déclarait à propos du rapatriement aux Etats Unis de son trésor de guerre : « Apple est une success story comme il n’en arrive qu’en Amérique. Notre soutien à l’économie américaine est une longue histoire et nous sommes fiers de le renforcer encore » . Patriotisme plutôt que libertarianisme….

Deep voice : le prochain Nicolas Canteloup sera une machine

Nicolas Canteloup est un imitateur de grand talent qui fait mon bonheur depuis des années mais son métier est menacé par le développement de l’intelligence artificielle. Dans son émission quotidienne sur TF1, « c’est Canteloup » il détourne des vidéos. Il enlève la bande-son originale et la remplace par une imitation de la célébrité avec des dialogues loufoques. Il fait également un travail d’orfèvre dans la synchronisation entre les mouvements des lèvres sur les images et ses imitations.

 

Malheureusement pour Nicolas Canteloup, Schumpeter et sa théorie du progrès et de la destruction créatrice sont impitoyables. On nous promet avec l’intelligence artificielle et le numérique un mouvement sans précédent de disparition de professions entières et d’apparition de nouveaux métiers. Vous découvrirez à la fin cet article (gros teasing!!!) pourquoi l’emploi pourtant hyperspécialisé de Nicolas Canteloup est lourdement menacé par cette révolution technologique.

DES APPLIS QUI GÉNÈRENT VOTRE VOIX

Il y a quelques mois, je consacrai un article aux  deep fake  permettant de changer un visage dans une vidéo en s’appuyant sur les technologies d’intelligence artificielle. Après l’image, les technologies de deep learning s’attaquent également à la voix. J’ai testé l’application francophone CandyVoice. En moins de 10 minutes, vous y enregistrez 80 phrases avec différentes intonations et émotions. Les algorithmes de CandyVoice synthétisent alors votre voix. Vous tapez ensuite la phrase de votre choix et l’ordinateur la prononce avec votre voix. Le résultat interpelle mais la voix est encore très synthétique. L’application Lyrebird lancée en septembre 2017 est comme CandyVoice bluffante mais loin d’être parfaite comme le montre la vidéo ci-dessous utilisant Barack Obama comme cobaye.

Moins d’un an après, les progrès sont spectaculaires sur fond de concurrence mondiale. Le Chinois Baidu annonce pouvoir générer une voix avec seulement 5 secondes d’enregistrement avec sa technologie Deep Voice. Le rendu de Lyrebird devient lui tous les mois plus réaliste.

LE COCKTAIL DÉTONANT DEEP FAKE VIDEO + VOICE 

Vous avez alors comme moi immédiatement pensé au cocktail potentiellement détonant deep fake videos + voice (manipulation simultanée de l’image et du son). Le réalisateur américain Jordan Peele l’a fait pour nous avec toujours avec Obama comme cobaye. Il nous montre comment il peut faire dire n’importe quoi à Obama de manière ultraréaliste. Le résultat est très impressionnant. Il mène directement Nicolas Canteloup à la case chômage mais surtout nous fait passer un message essentiel sur notre rapport à venir à la vérité des images.

Je disais dans l’article sur deep fake que nous nous adapterions pour savoir distinguer ce nouveau faux du vrai. Le progrès de ces technologies est tellement fulgurant que nous ne nous y sommes pas préparés. Les experts en propagande de tous les pays doivent se frotter les mains. Je prends le pari qu’une opération de manipulation de l’opinion de grande ampleur avec ces technologies aura lieu dans les 2 ans à venir. Nous en reparlerons à ce moment là. « Méfiez vous des imitations » le titre d’un des premiers spectacles de Nicolas Canteloup était prémonitoire.

Armstrong : le tricheur restera riche

Je suis un fan du Tour de France. La grande boucle berce mes étés depuis mon enfance. Je lui suis resté fidèle malgré les scandales à répétition. Cette passion est mystérieuse pour les non initiés. Mes filles raillent les heures passées à regarder des coureurs pédaler. Selon elles, il ne se passe rien. Elles n’ont rien compris!!! Le Tour c’est une merveilleuse alchimie entre un effort surhumain, la dramaturgie de la course et les somptueux paysages de notre pays. Le Tour pendant 7 ans, ce fut la domination absolue d’Armstrong un des plus grands tricheurs de l’histoire du sport qui solde aujourd’hui ses comptes avec la justice américaine

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ARMSTRONG : AVANT LA CHUTE, 7 VICTOIRES SANS AUCUN CONTRÔLE POSITIF

Je me suis naturellement intéressé aux affaires de dopage qui ont ébranlé le peloton. J’ai dévoré il y a quelques années avec passion et horreur le livre « La course secrète » de Tyler Hamilton longtemps fidèle lieutenant d’Armstrong. Il y décrit minutieusement comment Armstrong associé au démoniaque Docteur Ferrari avait transformé son équipe en un groupe de vampires se faisant réinjecter leur propre sang « frais » la veille des grandes étapes de montagne. Armstrong régnait sur le peloton en vrai chef mafieux imposant l’omerta, excluant les éventuels contestataires, le tout avec le soutien actif et corrompu de l’UCI (Union Cycliste Internationale). Il réussira l’exploit de terminer sa carrière après 7 victoires dans le Tour sans jamais avoir contrôlé positif. Il faut dire que le conte de fée était trop beau. Armstrong avait triomphé du cancer pour devenir le plus grand coureur de tous les temps. Il avait ainsi permis la métamorphose du cyclisme en un sport mondialisé hautement lucratif.

La chute d’Armstrong fut aussi brutale qu’inattendue plusieurs années après la fin de sa carrière. Quelques semaines auparavant, il se moquait encore ouvertement de ses accusateurs. Malheureusement pour lui, il était tombé sur l’Eliot Ness de l’anti-dopage, l’incorruptible dirigeant de l’agence américaine anti-dopage Travis Tygart. Aux termes d’une enquête minutieuse, l’USADA réunit des preuves irréfutables. Armstrong pouvait continuer à nier mais le parjure aux États Unis mène directement en prison. Il choisit donc de passer aux aveux. La machine infernale se mit en route : interdiction de toute compétition, perte de tous ses titres, départ de ses principaux sponsors et même exclusion de sa fondation de lutte contre le cancer. Il passa du jour au lendemain de héros à banni.

ARMSTRONG : APRES LA CHUTE, LA RECONSTRUCTION DE SON IMAGE

Armstrong est un coriace, un dur au mal. Il avait perdu ses titres, lui restait à préserver son image. Il ne serait plus le super-héros qui avait vaincu le Tour et le cancer, promis à un bel avenir politique comme potentiel futur gouverneur du Texas. Il serait à jamais un « bad guy ». Mais il existe deux catégories de « bad guy » : « le bad guy loser » méprisé, piétiné, condamné au mépris et à l’oubli (exemple Marion Jones : double championne olympique du 100 mètres contrôlée positive, elle a fini en prison et ruinée) ou le « bad guy populaire » qui joue avec ses grands défauts pour être aimé ou détesté (exemple John Mc Enroe ou Bernard Tapie).

Le « bad guy populaire » s’en tire toujours. Armstrong était bien déterminé à entrer dans cette catégorie. Il mena à cette fin une habile campagne de communication. Il commença par l’incontournable acte de contrition public dans le talk-show d’Oprah Winfrey : « Je vois cette situation comme un gros mensonge que j’ai répété de nombreuses fois. J’ai pris ces décisions, ce sont mes erreurs. Je suis profondément désolé pour ce que j’ai fait ». Faute avouée est à moitié pardonnée.

Il joua ensuite la carte des réseaux sociaux s’appuyant sur les plus de 2 millions de followers de ses comptes Facebook et Twitter. Il y façonna sa nouvelle image : une dose de sport, une dose de repentance, une dose de lutte contre le cancer, une dose de patriotisme et une dose de tacles bien appuyés sur le monde du cyclisme. Il fit ainsi passer de manière subliminale le message qu’il s’était dopé…. comme les autres. Il faut bien dire que l’histoire du cyclisme lui donne raison sur ce point. Il omet simplement de dire qu’il avait lui été beaucoup plus loin dans l’industrialisation du dopage.

Cette stratégie a été payante. Armstrong rôde de nouveau autour du Tour. Une chaîne américaine lui a proposé de faire des podcasts commentant la Grande boucle. Il s’y positionne en expert repenti du cyclisme. Comme à son habitude, il décrypte mais surtout il balance égratignant sans ménagement ses détracteurs en particulier les dirigeants du Tour. Et le programme cartonne, « bad guy populaire » vous disais-je! Chris Froome est à son tour contrôlé positif. L’occasion est trop belle. Armstrong glisse insidieusement « Même s’il n’est pas suspendu, le mal est fait et son image est ternie pour toujours».

ARMSTRONG : UN ACCORD AVEC LA JUSTICE POUR SOLDE DE TOUT COMPTE

Mais le temps de la justice et le temps médiatique ne sont pas les mêmes. L’US Postal le sponsor de ses grandes années lui réclamait 30 millions de dollars. L’US Postal est un service public américain. La loi américaine prévoit qu’en cas de fraude à un service public, l’Etat américain peut réclamer le triple de cette somme. Une épée de Damoclès à 100 millions de dollars pesait donc au dessus de la tête d’Armstrong. Il tomberait alors irrémédiablement dans la catégorie loser. Armstrong bientôt ruiné titraient les journaux assoiffés de sang à l’annonce en février 2017 d’un procès à venir.

A quelques semaines de l’ouverture du procès, la montagne a accouché d’une souris. Mercredi, les avocats d’Armstrong annonçaient avoir trouvé un accord transactionnel avec l’Etat Américain pour un montant de 5 millions de dollars, une broutille par rapport à la demande initiale et surtout par rapport à la fortune d’Armstrong estimée à près de 70 millions de dollars. L’US Postal n’a pas voulu d’un nouveau procès public à un moment où elle se bat pour sa survie. Les avocats d’Armstrong auraient eu beau jeu de montrer qu’Armstrong avait été une excellente affaire pour la poste américaine ternissant l’image de l’US Postal. Le sport américain a préféré laver son linge sale en famille.

Le « bad guy » a encore gagné, le tricheur restera riche. Je suis sûr qu’on le reverra sur le Tour de France arrogant et donneur de leçon. Il ne cache d’ailleurs pas sa joie : « Je suis particulièrement satisfait d’avoir fait la paix avec US Postal. Même si je trouvais la procédure injustifiée et injuste, j’essaie depuis 2013 d’assumer mes responsabilités pour mes erreurs et de faire amende honorable quand c’est possible. Je suis heureux d’avoir résolu cette affaire et de pouvoir avancer dans ma vie ». Il peut maintenant tourner la page… à moins qu’un autre scandale ne le rattrape. Le journaliste sportif Philippe Brunel écrivait cet hiver un livre très documenté soutenant qu’ Armstrong aurait également utilisé un moteur sur son vélo mais sans en apporter de preuve formelle. Affaire à suivre….

En route pour les Émirats

Dubaï, Abu Dhabi, j’y allais sans enthousiasme excessif. J’y avais déjà fait escale dans les duty free géants. Je savais les malls encore plus démesurés. Mais le shopping à outrance n’est pas vraiment ma tasse de thé. J’avais comme tout le monde vu les Palm Island, ces îles artificielles en forme de palmier gagnées sur la mer. J’y décelais plus l’orgueil de l’Homme que son génie. J’avais entendu parler de cette piste de ski artificielle construite en plein désert à grand coup de climatisation. En ces temps de réchauffement climatique, je trouvais cette réalisation carrément délirante. Et puis il y avait l’islam radical, les femmes voilées, l’intégrisme religieux qui me semblait consanguin à toutes ces monarchies du Golfe. Qatar, Émirats, Arabie Saoudite, je mettais tout cela dans un même paquet.

J’y allais sans enthousiasme excessif. Je voyais a priori dans ces émirats un concentré des excès de notre époque : hyper-consommation, argent-roi, saccage de la planète, totalitarisme et fanatisme religieux. J’allais sur place me rendre compte sur place que cette vision était simplificatrice, remplie de préjugés et aussi d’ignorance. J’allais surtout me prendre une claque en découvrant ce pays qui concentre sur son sol 15% des grues de la planète, construit les plus hautes tours du monde et se réinvente tous les jours. J’en reviens ébranlé, sans tomber dans un optimisme béat. Je vous propose donc de partager mon voyage aux Émirats un des lieux sur la planète où se façonne notre monde de demain. Attachez vos ceintures. Nous allons monter haut. Je vous propose une série de 3 articles.

Dubaï : la nouvelle Babel

The prince has a vision and then « Yallah »

Louvre Abu Dhabi nouvelle Merveille du monde moderne